22.03.2007
Bayrou sur TF1 face aux français
Une émission révélatrice sur le candidat Bayrou
ü Depuis plusieurs jours, François Bayrou était devenu une sorte de valeur refuge pour des électeurs déboussolés par les autres candidats, principalement Ségolène Royal.
ü L’émission de TF1 aura au moins permis de percer l’imposture au grand jour. François Bayrou a fait preuve ce soir d’une vacuité totale et n’a proposé que très peu de mesures à mettre en application.
ü Tout au plus s’est-il aventuré sur l’exonération de charges sous certaines conditions des heures supplémentaires ou sur l’interdiction de présenter un budget en déficit du fait de dépenses de fonctionnement. Il peut donc reprocher aux autres candidats de faire trop de promesses. Il n’en fait pour sa part aucune et à ce compte là, 21 milliards d’euros pour son programme, c’est beaucoup trop cher !
ü Autre imposture : se présenter comme un homme ouvert, honnête, tolérant, alors qu’il est en réalité tout le contraire. Tout dans la manière dont il ne cesse de pratiquer des exclusions au sein de l’UDF dresse l’image d’un personnage sectaire que la façon dont il a traité, au cours de l’émission, Gilles de Robien ou le mépris avec lequel il a désigné André Santini ne font que confirmer.
ü Quant à déclarer que « les Harkis sont les plus grandes victimes de l’histoire », c’est se montrer fort peu maître de soi, et, dès lors, incapable d’assurer la fonction présidentielle. L’histoire des Harkis est certes tragique, mais l’émotion d’être confronté en direct à un harki ne saurait en rien justifier une pétition aussi discutable que maladroite.
Une posture politique impossible à trouver
ü François Bayrou oscille sans cesse entre équilibrisme et immobilisme.
ü Il explique qu’il veut faire travailler ensemble des gens de droite et des gens de gauche. Mais le politicien de droite qu’il est, est dès lors condamné à un exercice permanent de séduction de l’électorat de gauche. Il est donc obligé de se livrer à des concessions multiples et de donner de nombreux gages à la gauche, à commencer par le poste stratégique de Premier ministre.
ü L’exercice d’équilibrisme continue lorsqu’il explique que ceux qui le rejoindront garderont leurs valeurs, mais devront se soumettre aux inflexions de son programme. Mais s’il demande à des hommes et des femmes de droite et de gauche de travailler sous son autorité, en leur demandant de laisser leurs idées au vestiaire, c’est qu’ils ne sont plus ni de droite, ni de gauche. Le seul dénominateur commun semble dès lors être leur ralliement à F. Bayrou.
ü En fait, le système de M. Bayrou n’a qu’un objectif : lui permettre d’aller à la soupe en mettant sous sa houlette les politiciens des deux bords, en prenant le soin de n’annoncer clairement aucune des mesures qu’il entend appliquer.
ü Gouverner c’est avant tout porter un projet et le mettre en application. Or on voit mal comment des partisans de politiques résolument différentes pourraient permettre à la France de prendre une direction quelconque. En cela, François Bayrou a une mémoire bien courte : il ne propose en fait ni plus ni moins que le retour aux périodes de cohabitation, quand la moindre nomination était un objet de discussions sans fin, quand la moindre signature de décret prenait des allures de psychodrames. Ce mode de fonctionnement est le plus détestable qui soit car il condamne la France à l’enlisement.
ü François Bayrou apparaît aussi comme le candidat de l’immobilisme. Lorsqu’on lui demande quel cap il donne à son projet, il répond « sauver le modèle républicain », et se satisfait de la cogestion de l’Education nationale avec les syndicats.
ü En réalité, François Bayrou est dans une impasse et il le sait : il aime à se comparer à de Gaulle ou à Mitterrand qui ont clairement choisi en leur temps de gouverner selon des options nettement affichées, mais jamais ne cite les grandes figures du centre (Lecanuet, Poher…) parce qu’il sait qu’il s’agit d’une voie impossible, que la troisième voie n’existe pas.
ü Au final, la seule solution à son équation risque fort d’être l’ensemble vide.
Sur l’éducation
ü Sur l’éducation, François Bayrou n’a pas changé. Après avoir marqué son passage au ministère de l’Education nationale par son incapacité à résister à la pression des syndicats, il ne manque pas de saluer aujourd’hui la « présence des syndicats » dont il se vante d’être le seul à penser qu’elle est une chance pour l’éducation. Et pour mieux rassurer ses anciens partenaires de co-gestion, François Bayrou s’empresse d’affirmer qu’il est pour la sanctuarisation des moyens de l’Education nationale, sans se donner la peine de préciser les objectifs de réussite qu’il compte assigner à ces moyens.
ü Cette attitude complaisante à l’égard des syndicats ne parvient pas, cependant, à masquer le silence gênant de François Bayrou sur la condition individuelle des enseignants, à laquelle il ne fait aucune allusion. S’il finit par se prononcer pour la liberté pédagogique, c’est au terme d’un raisonnement tortueux qui lui fait dire tout à la fois, qu’il est contre les instructions pédagogiques émanant du ministère, mais qu’il leur serait favorable si elles découlaient d’une grande expérimentation, expérimentation d’ailleurs bien inutile puisque rien ne remplace 25 ans d’expérience…
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